Publié par Cabinet du chineur

 Lettre autographe datée du 24 octobre 1841 de Adolphe-Marcellin de Fresne adressée au vicomte Alcide de Beauchesne).
 Lettre autographe datée du 24 octobre 1841 de Adolphe-Marcellin de Fresne adressée au vicomte Alcide de Beauchesne).

Lettre manuscrite du XIXe siècle (plus précisément une lettre autographe datée du 24 octobre 1841 de Adolphe-Marcellin de Fresne adressée au vicomte Alcide de Beauchesne).

Caractéristiques  :
  • Support : Double feuillet de papier jauni rédigé à l'encre brune à la plume.
  • Marquages postaux : Tampons postaux d'époque et adresse au dos mentionnant « à Monsieur le Vicomte Alcide de Beauchesne ».
  • Contenu et mentions : Échanges littéraires et artistiques évoquant notamment des personnalités de l'époque comme Ingres.

 

Mon cher ami,
Vos lettres m'ont touché ; si une occasion s'offre, je ne manquerai point de rechercher votre grand et noble seigneur, et de lui témoigner combien certains aspects de sa vie ont affecté le cœur, mille et mille grâces de vos bons offices, que je ne trahirai point.
Depuis mon retour de Rome, Ingres me témoigne plus d'amitié que jamais et j'en suis bien heureux. Il vient de faire le portrait de Cherubini, ce n'est pas un portrait, c'est une apothéose ! quelle poésie ! et comme cet orphée a l'esprit et la parole ! Cherubini, appuyé sur une colonne de salon en tout point ; on ne le voit qu'en buste, il est plus beau, plus profond que la poésie, le fameux Julien de Médicis, statue de Michel Ange. L'architecture apparaît (presque toute entière) et posant la main au-dessus de sa tête noble et digne d'un si noble et souverain génie ; c'est admirable !
Voilà la voix qui me force un jour ou l'autre, sans quitter de Paris, d'arriver à l'empire.
Faites-moi mon cher ami, une société et une destruction de ces 2 hommes de talent assis à vos côtés, protégez le cercle, forcez les yeux autour de vous d'une vérité que vous pouvez leur rendre si vous avez le tact et la constance. La tribune de ce Maréchal vous sied bien, mais que les poètes vous jugeront selon moi ! non les paysages par trop taillés, par trop vagues, et par trop [...] [fin de la page N°1]
Double Page de gauche
[Paragraphe 1]
[…] romantique, mais ses compositions historiques, s’il les fait, son cercle, son imagination, belle de tout ce que l’on a développé et entretenu à trop revoir et se fait par trop un monde et un avenir imaginaire, il voit trop en beau l’humanité et ne s’approprie aucun compte de l’homme. Mais il m'importe, toutes fortes illusions. Quant à sa dureté, je serai charmé de pouvoir montrer à sa mère aussi quelque composition de lui ; votre simple et vrai, il leur plaira, c’est une bonne fortune pour vous que la force comme celui de ces 2 hommes. N’abdiquez pas votre douleur, mais rattachez-vous par là à la vie, plaisez-leur et faites que votre passage ait du prix pour eux, par se développer aux penser beaucoup et pour l’un et pour l’autre.
[Paragraphe 2]
Votre malheur est grand, mon cher ami, car la blessure qui vous perce le cœur au milieu de quelque honte. Parler à Dieu sans être et que la pensée de Dieu soit toujours en vous dans vos enfants, égalité, travail, mépris du ridicule. Aucun de la vertu, l’amitié ? Oh pour les pauvres, voilà le mot, le choix, le secours, qui doivent retentir à leur oreille, se mêler en soi, en un naturellement, mais vivement, mais profondément, mais à chaque occasion donné, puis parler leur des épreuves de [ce] monde de la vie et préparer les ainsi à…
Page Double de droite
[Paragraphe 1 — Suite]
…recevoir un jour avec une sainte résignation comme avec une sainte douleur, la double révélation que vous aurez à leur faire. Faites tout cela sans qu'ils manquent de respect à leur mère, vous leur aurez appris le trésor de la clémence divine et que ceux, celles qui tombent, relèvent les d'ici pour la gloire de Dieu à qui cette mère doit d'y a qu'elle. Par le P. Ch. votre ami et son livre si plein de consolations à vous donner ? Mais lisez tout, à ce volume, lisez le tout, je vous ai écrit par ces paroles consolantes et pour vos prières, et pour les miennes, et pour la douleur publique de l’iniquité triomphante.
[Paragraphe 2]
« Oui, j’atteste le Dieu vivant, qui donne la vie à la foule de marques éclatantes de sa vengeance, fuis bien moins effrayé des châtiments exemplaires qu’il inflige à quelques-uns que de l’impunité de tous les autres. S’il punissait ici bas les coupables, toute sa justice s’éteint et je ne verrais pas l’attrait d’un discernement plus redoutable ! »
[Paragraphe 3]
Voilà, mon cher ami, ce que je vous offre pour la ruine de cette nouvelle amie, puis dans vos enfants qui me manque à personne et vous en tirez une force incroyable.
Pour moi, dont la plus grande fatigue matérielle et possible de d’écrire de cette plume en coupe à dire à mon amie surtout à nos amis malheureux qu’elle aime et c’est une joie dont je n’ai aucune…
Marge de gauche (Texte vertical)
Note : Les lignes écrites verticalement servent de post-scriptum ou de remarques complémentaires. « […] de ne pas perdre de temps et d'employer quelques heures pour lui écrire. […] son voyage, oui je m'aperçois par sa lettre […] à faire au temps, c'est ce que de bon ! Sans direction la sainte union et la question… de la vie va probablement vous amener. »
 
Éléments d'intérêt historique et culturel Le portrait de Cherubini par Ingres : Cette lettre fournit un témoignage direct et contemporain de la création de la célèbre toile de Jean-Auguste-Dominique Ingres, Luigi Cherubini et la Muse de la poésie lyrique, officiellement achevée en 1842 .
  • La comparaison artistique : L'auteur de la lettre compare la profondeur et la beauté du portrait à la célèbre statue du Julien de Médicis sculptée par Michel-Ange, illustrant la ferveur néoclassique et romantique de l'époque.
  • Réf : 050684 - 120
 
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